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Saddam Hussein a été exécuté par pendaison

Kinshasa, 30/12/2006 / Politique
Condamné à mort pour crimes contre l’humanité, l’ancien président irakien Saddam Hussein a été exécuté par pendaison samedi peu avant 06h00 (03h00 GMT) à l'âge de 69 ans. Son exécution a été confirmée par les autorités irakiennes alors que les appels à la prière retentissaient dans Bagdad en ce jour le plus sacré du calendrier musulman, celui qui marque le début de l’Aïd el Adha, la grande fête du sacrifice.

Les détails de l'exécution sont rares mais, selon un témoin cité par la chaîne publique Irakiya, Saddam Hussein, jugé pour le massacre de Doudjaïl en 1982, est apparu comme un « homme brisé » alors qu’il montait sur l’échafaud.

Un autre responsable irakien a précisé qu'il avait dit la profession de foi des musulmans mais qu'il n'avait prononcé aucune autre parole. Il avait les mains liées et les jambes entravées. Son visage était découvert.

Il n’a pas dit où avait lieu l'exécution, mais a indiqué que ce n'était pas à l’intérieur de la Zone verte, le quartier fortifié de Bagdad. Selon une autre source irakienne, Saddam Hussein aurait été pendu à l'intérieur de Camp Justice, ancienne base des services de sécurité de l'ancien régime régulièrement utilisée aujourd’hui pour les exécutions de condamnés à mort.

La pendaison a été filmée, mais on ignore encore si les images seront diffusées par les autorités irakiennes. Elles devraient être accueillies avec satisfaction par la majorité chiite, violemment opprimée sous son règne – les 148 victimes du massacre de Doudjaïl étaient chiites – mais pourraient alimenter davantage encore la colère de la minorité sunnite et décevoir de nombreux Kurdes, qui souhaitaient le voir jugé pour génocide contre leur communauté.

Bush : « une étape importante »

Aux Etats-Unis, le président George Bush a estimé que la mort de Saddam Hussein constituait une « étape importante » du processus de démocratisation de l’Irak. « Faire rendre justice à Saddam Hussein ne mettra pas un terme à la violence en Irak, mais c’est une étape importante sur le chemin de la démocratie en Irak, une démocratie qui pourra se gouverner, se soutenir et se défendre par elle-même », écrit-il dans un communiqué diffusé de son ranch texan de Crawford.

A Londres, la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a estimé que Saddam Hussein, « jugé par un tribunal irakien pour une partie au moins des crimes effrayants qu’il a commis contre le peuple irakien », a « rendu des comptes ».

La France, qui avait pris la tête du camp du « non » à l’intervention militaire de mars 2003, a simplement « pris acte » de son exécution et appelé « tous les Irakiens à regarder vers l’avenir et à travailler à la réconciliation et à l’unité nationale ».

Procès chaotique

Pratiquement trois ans jour pour jour après sa capture dans une cache de sa région natale de Tikrit, près de trois décennies après son arrivée au pouvoir à Bagdad, l’existence de Saddam Hussein s’est achevée au bout d’une corde.

Sa fille Raghd, qui vit en exil en Jordanie, a demandé à ce que son corps soit inhumé « temporairement au Yémen jusqu’à ce que l’Irak soit libéré et qu’il puisse être réinhumé en Irak », a rapporté une source proche de la famille.

L’ancien président irakien, renversé en avril 2003, avait été condamné à mort pour crimes contre l’humanité le 5 novembre dernier. Sa condamnation, au terme d'un procès souvent chaotique, avait été confirmée mardi dernier en appel.

Des associations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé les conditions jugées inéquitables du procès d’un homme dont le règne a été marqué par des atteintes massives aux droits de l’homme et des répressions sanglantes.

« L'exécution précipitée de Saddam Hussein constitue tout simplement une erreur », a réagi Larry Cox, directeur exécutif d’Amnesty International-USA. « Cela signifie un déni de justice pour les victimes innombrables qui ont enduré des souffrances innommables pendant son régime et qui n’ont désormais plus la possibilité d’obtenir justice ».

« Je m’offre en sacrifice »

Avec son exécution s’achève en effet le cycle des procès esquissés contre l’ex-raïs, qui comparaissait depuis l’été dernier dans le cadre d’une autre procédure, pour génocide cette fois, liée aux massacres de Kurdes lors de la campagne Anfal – dont le gazage d’Halabja, où quelque 5.000 personnes ont péri en mars 1988.

Dans une lettre écrite après sa condamnation, l’ex-raïs se disait prêt à se sacrifier pour l’Irak, dont il s’est présenté jusqu’au dernier moment comme le président légitime.

« Je m’offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l’ordonnera, avec les martyrs », affirmait l’ancien président irakien dans cette lettre manuscrite obtenue auprès de ses avocats, en Jordanie.

Sous son règne, l’Irak s'était engagé dans les trois grands derniers conflits du Moyen-Orient : la guerre contre l’Iran (1980-88) et la guerre du Golfe consécutive à l’invasion du Koweit (janvier 1991) avaient laissé l’Irak exsangue malgré ses richesses pétrolières.

L’intervention de mars 2003 et le cycle de violences et de représailles dans lequel il s’est enfoncé font désormais craindre à certains que le pays entre en guerre civile.

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